Territoire dansé

Le projet que nous menons depuis plus de deux ans vient de prendre la forme d’une carte sensible et numérique pour découvrir les pratiques de bal et de danses partagées dans la Drôme.

On y trouve 86 capsules sonores issues d’enregistrements réalisés auprès de danseurs, de musiciens, d’organisateurs,  lors de stages, d’événements dansés ou d’ateliers de pratique.

Plusieurs rendez-vous de présentation sont prévus au cours des prochaines semaines… et vous pouvez aussi explorer la carte depuis chez vous 



Jeudi 19 septembre à 18h à la salle Lucie Aubrac de Valaurie, 
avant le spectacle de la Comédie de Valence itinérante l’Age du Slow, rencontre avec l’équipe de Territoire dansé en Drôme, le metteur en scène Thomas Guillaud-Bataille et le sociologue des danses de couple Christophe Apprill, Plateau radio animé par Radio M http://www.comediedevalence.com/la-saison/toute-la-saison-19-20/pages-saison/lage-du-slow/

Samedi 21 septembre dans le cadre des Journées du patrimoine à Valaurie, présentation du projet de 14h à 20h à la Maison de la Tour http://www.detournumerique.com/

Samedi 26 et Dimanche 27 octobre à Saint-Paul-Trois-Chateaux dans le cadre de Détours numérique, présentation à la Galerie Angle Art Contemporain

Et du 21 septembre à la fin de l’année, diffusion des capsules sur le site de Radio Saint-Ferréol !




















Territoire dansé s’intéresse aux pratiques de bal dans la Drôme au sens de « rassemblements pour danser ». Il a pour objet les danses partagées, de la fête privée à l’événement payant, pratiques de la danse vivantes dont les formes évoluent au gré de l’histoire, des déplacements de population, des écoles ou associations de danseurs, nombreuses, qui se créent ici ou là, et des lieux de danse qui fleurissent, des plus éphémères (planchers montés pour un bal en plein air, sites naturels occupés par les free parties le temps d’une nuit…) aux plus pérennes (comme certains dancings de la Drôme). Eclatées en communautés de danseurs (folkeux, danseurs de tango, de salsa, de country, de danse de salon, de rock, de hip hop, amateurs de contact impro, teufeurs…), qui se reconnaissent dans un style musical, une école, un type de danse particulier, ou encore un lieu de bal, ces pratiques se fondent toutes sur un même désir : aller danser.

C’est par l’enregistrement sonore que nous avons voulu interroger ce désir et la part intime des pratiques de danses partagées. Territoire du corps, la danse est une matière qui ne se laisse pas facilement approcher. A la fois ordinaire, appartenant à tous, souvent impensée, et extraordinaire en ce qu’elle nous extrait du quotidien d’une façon imprévisible et quelquefois bouleversante, les danseurs n’ont pas toujours les mots pour partager leur vécu dans le bal et leur ressenti. La danse se définit alors par ses contours : les kilomètres qu’ils parcourent pour danser, à tous âges, tant que le corps leur permet, mais aussi la présence continue du bal dans leurs histoires de vie, avec des événements associés au bal qui marquent les trajectoires familiales.

Le projet a démarré à l’automne 2016 par un travail exploratoire sur la pratique de la danse comme patrimoine immatériel. Qui danse sur notre territoire? Quelles danses ? D’où viennent-elles ? Comment se transmettent-elles? Cette première exploration, réalisée avec le soutien de la conservation du patrimoine du département de la Drôme, a consisté en une première collecte de témoignages auprès de danseurs qui a mis en avant une variété de parcours et l’importance des déplacements géographiques autour de la danse sur le territoire. Le territoire drômois est un territoire dansant. Des personnes de tous âges se déplacent, se retrouvent, se rencontrent pour danser.
Suite à cette première exploration, nous avons entrepris une recherche plus systématique dans le cadre de l’appel à projets Mémoires du XXème siècle proposé par la Région et la Direction régionale des affaires culturelles. Nous cherchions à mieux comprendre ce que la danse nous dit d’une époque, quels sont les rituels, les lieux, les moments, le lien social qui se créé à travers elle, comment les formes se transmettent et se renouvellent. Cette deuxième étape de travail a été accompagnée par le chercheur de la danse Christophe Apprill. Partant des aspects sociologiques et historiques de la pratique de la danse de bal, nous avons aussi voulu porter le questionnement sur l’expérience sensorielle et émotionnelle qui est au cœur de cette pratique, au-delà de la diversité des formes dansées, des générations de danseurs rencontrés, de leurs lieux de vie : où s’enracine le plaisir de danser ?

Nous avons ainsi recueilli plus de quatre-vingt heures d’enregistrements à partir desquelles nous avons monté 86 capsules sonores d’une durée de 48 secondes à 7 minutes. Ces capsules sont constituées d’ambiances sonores et musicales de cours et ateliers, de pratiques collectives, de bals, de témoignages de danseurs, enseignants, musiciens, chercheurs, d’habitants de différentes générations et cultures, d’organisateurs d’événements, de responsables associatifs.

L’accueil de la Maison de la Tour dans une résidence au « cube » nous a permis de dessiner progressivement un Territoire dansé, matérialisé grâce au travail de Nicolas Guichard et Magali Charrier sur une carte sensible et sonore. 

Nous remercions toutes celles et ceux qui nous ont confié leurs témoignages.